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Alexandre LACASSAGNE nous ramène au temps où l’avortement était illégal !

© ensp

Fermé au public la plupart du temps, le « musée » de l’ENSP regorge de pépites historiques, d’objets marqueurs du temps et de l’évolution de la société française.

 

 

 

 

 

La semaine dernière, l’école vous présentait les prémices de l’anthropologie judiciaire (lire notre article)  , aujourd’hui vous allez découvrir l’avortement criminel. Âmes sensibles s’abstenir !
 
En France, l’avortement a longtemps été pénalisé. Emprisonnement, 100 francs d’amende, ou pire : la peine de mort sous le régime de Vichy !
Nous sommes au début du XXe siècle. Alexandre LACASSAGNE, médecin légiste, experts auprès des tribunaux et fondateur de l'anthropologie judiciaire, a conservé un grand nombre d’objets issus d’affaires criminelles liées à l’avortement. Ces pièces sont aujourd’hui exposées à l’ENSP.

 

À cette époque, on estime à 500 000 le nombre d'avortements clandestins par an et à 300 le nombre de décès maternels. Celles qui désirent se faire avorter font appel à des femmes surnommées « faiseuses d'anges ». Produits chimiques, plantes, aiguilles, sondes utérines, laminaires…elles pratiquent des méthodes dangereuses (les complications graves étaient fréquentes) et surtout illégale ! (cliquez sur l'image ci-dessous pour lire la vidéo)

 

1920. La France sort de la Grande Guerre et subit une forte saignée démographique. Une loi est donc promulguée afin de « réprimer la provocation à l'avortement et la propagande anticonceptionnelle ». La contraception est alors assimilée à l'avortement, considéré comme un crime. Les contrevenantes risquent une peine de six mois à deux ans d'emprisonnement, et de 100 à 5 000 francs d'amende.

Mais les natalistes trouvent que la loi n'est pas assez bien appliquée. Les jurys populaires des cours d'assises, émus par le désarroi des femmes, les acquittent.
Sous leur pression, une nouvelle loi est votée en 1923. Elle correctionnalise le crime d'avortement pour faire échapper sa répression au jury d'assises. Il s’agit désormais d’un délit jugé par le tribunal correctionnel, composé de magistrats de carrière, supposés moins indulgents que les jurés.

En 1942, sous le régime de Vichy dont la devise officielle est Travail, Famille, Patrie, l'avortement est déclaré crime contre la Sûreté de l'État et passible de la peine de mort.
De nombreux mouvements de contestations et de revendications naissent dans les années 50, et se multiplient au fil des années. Il faudra tout de même attendre la loi portée par Simone WEIL en janvier 1975 pour que l’avortement soit enfin légalisé.

 

 

Pour allerplus loin : THÈSE POURLE DOCTORAT EN MÉDECINE : L’avortement « criminel » en seineinférieure de 1830 à 1940 : mœurs, sexualité et « biopolitique »à travers les archives judiciaires.

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