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Régulation sociale des affects

Cette recherche doctorale en sociologie menée par Thomas BONNET sous la direction du Professeur THOEMMES Jens du Laboratoire CERTOP de l'Université Toulouse Le Mirail vise à comprendre à travers la régulation sociale des affects, si le concept de « professions à risques émotionnels » est pertinent.

Pour cela elle procède à étude comparative de trois professions. Celles-ci concernent les porteurs et maîtres de cérémonie dans les pompes funèbres, les adjoints de sécurité et gardiens de la paix dans la police nationale et plus particulièrement dans une brigade de police-secours et enfin les auxiliaires de puériculture et infirmières diplômées d’Etat dans un service pédiatrique pluripathologique. Ces professions peuvent paraître d’emblée dissemblables car elles ne s’adressent pas au même public et n’ont pas les mêmes missions, néanmoins elles se ressemblent fortement car elles sont toutes trois impactées par la nature même de leurs activités. Que l’on pense aux familles endeuillées dans les pompes funèbres, aux enfants hospitalisés et à leurs familles à l’hôpital ou encore aux victimes et aux prévenus dans la police, on peut dire que les professionnels étudiés sont amenés à travailler avec un public éprouvé et éprouvant.

Ce public est d’autant plus éprouvant pour les professionnels que ceux-ci ne peuvent se comporter à leur égard comme ils l’entendent. Ils sont très souvent contraints de mettre en œuvre un travail émotionnel, c’est-à-dire simuler ou réprimer leurs émotions, lorsqu’ils sont en interaction avec leurs usagers. Ainsi on observe que dans les trois professions retenues, les travailleurs sont exposés à un risque émotionnel lorsque l’émotion du travail perturbe le travail.

En s'intéressant au collectif de travail, il s'agit de comprendre comment les affects propices aux risques émotionnels sont collectivement régulés. Une des hypothèses fortes de la recherche est que la capacité du collectif à se concerter pour inventer des solutions locales et provisoires est un des moyens pour neutraliser le risque émotionnel.

Parce que l’équipe se présente comme un espace de négociation de ce qu’est le bon travail, les individus peuvent s’entendre pour construire des référentiels communs du travail et donc une culture professionnelle. Pour comprendre comment se forme cet espace de discussion et de négociation du sens du travail, autrement dit pour comprendre comment se réalise la régulation sociale des affects, les rapports sociaux au sein du collectif de travail seront étudiés grâce aux méthodes qualitatives classiques de la sociologie.

En observant les enquêtés sur leurs lieux de travail, en interaction avec leurs usagers et leurs collègues, il est possible de questionner leurs pratiques et leurs représentations du travail. Ces observations sont ensuite couplées à des entretiens individuels et collectifs approfondis avec les enquêtés afin de pouvoir mettre un discours sur leurs actes. L’étude de chaque collectif de travail s’étend sur une durée de trois mois.

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