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« Ne jamais rien lâcher », par Matthieu, élève commissaire de police de la 68ème promotion

Travail, humilité et détermination : Matthieu, entré dans la police à 18 ans comme gardien de la paix, a gravi successivement les marches en devenant officier, et bientôt commissaire de police. Il nous explique pourquoi et comment il y est parvenu.

"Je me suis engagé très jeune en obtenant le concours de gardien de la paix à l’âge de 18 ans et je suis entré à L’École de Police de Saint-Malo à 19 ans. À l’issue de ma scolarité , j’ai choisi d’exercer à Garges-Lès-Gonesse (95) en optant pour une affectation en Brigade de Roulement de jour, qui était pour moi le cœur du métier de Police. En effet, c’est au cœur de la brigade que j’ai été confronté à mes premières affaires et à mes premières missions (accident de voie publique, différend, rixe, etc.). Heureusement, j’étais souvent en patrouille avec un collègue plus ancien lors de mon premier poste. Ce fut très important car ce collègue m’a apporté son expérience voire son appui dans mes premiers pas de policier. Travailler dans de grands ensembles fut très formateur car j'ai été rapidement autonome et le travail ne manque pas. J’avais ce sentiment d’être utile, d’agir concrètement chaque jour, à mon humble niveau, surtout quand j'arrivais, sur certaines missions, à apporter une réponse concrète aux victimes. En ce sens, j’ai choisi aussi de travailler, au fil des années, à Clichy Sous-Bois (93) ou encore à Saint-Denis (93) afin de découvrir d’autres services, d'autres territoires, d'autres problématiques et donc d'enrichir mon expérience.

Ces années de Gardien de la Paix m’ont permis de me construire une identité policière forte. D’ailleurs, c’est un métier très exigeant mais passionnant. Souvent, les personnes ne se rendent pas compte de l’investissement et de l’engagement que donnent les collègues pour servir, et souvent au péril de leur vie comme l'actualité récente l'a encore démontré. Après cette première longue expérience, j’ai voulu évoluer. N’étant titulaire que d’un baccalauréat, j’ai d’abord obtenu le concours de Lieutenant notamment en travaillant durant mes repos à partir de livres universitaires.

En sortie d’école de Cannes-Écluse j’ai choisi le 18e  arrondissement parisien, en tant qu'officier de quart de nuit à Barbès, dans le quartier de la Goutte d’Or. Ce poste a été très formateur puisqu’avec mes collègues, j’ai été confronté à des missions difficiles mettant à rude épreuve ma capacité de résilience. En occupant ce poste, j’ai préparé le concours de commissaire de Police, notamment avec l’aide de mon chef de service et de la préparation offerte par l’Institut National de Formation de la Police Nationale de Clermont-Ferrand. J’en profite pour leur rendre hommage, car c’est cette formation qui permet à beaucoup de collègues de réussir, chaque année, les concours internes de la Police nationale. Se remettre dans un rythme de travail, adopter une ligne de travail régulière ont été difficile à concilier avec l’exercice du métier au quotidien mais pas impossible. Cependant avec de la motivation et de la détermination, c’est possible !

J’ai donc intégré en septembre 2016 la 68e  promotion de commissaires. Dans cette promotion, chacune et chacun apporte sa diversité de parcours et d’origine. En effet certains ont commencé également gardien de la paix voire policier auxiliaire, avec une solide expérience professionnelle, d’autres ont commencé inspecteur. Les externes apportent aussi leur fraîcheur, leur vivacité et leur capacité de travail impressionnante. Finalement ce qui me tient le plus à cœur c’est de dire aux collègues que, quel que soit son niveau scolaire et son grade, il est possible de monter tous les échelons. Dans ce cadre, j’aimerai bien participer à un système de tutorat/binômage pour les collègues désireux de préparer les concours en interne. Enfin, c’est un nouveau parcours qui commence pour moi, et d’ailleurs dans ce métier de Policier, ce qui est stimulant pour moi : c’est d’apprendre, chaque jour de nouvelles choses ; aujourd’hui avec la hauteur et le recul que requiert le métier de commissaire de police."

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