Vous êtes dans : Accueil > Témoignages d'élèves > Route 66, le blog de la 66e promotion d'élèves-commissaires > Le rythme s'accélère !

Le rythme s'accélère !

Publié le 7 décembre 2015
© ENSP

Simulations, stages, défilé du 14 juillet, la fin de scolarité approche à grand pas et le rythme s’intensifie ! Neuf mois après mon premier article, retour sur mon parcours à l’ENSP, ponctué de nombreux événements.

Je vous avais quittés en vous relatant mes aventures de début de scolarité. Tout cela me semble désormais loin, tant l’expérience acquise fut riche en quelques mois !

De janvier à juin 2015, six mois furent consacrés à l’apprentissage des fondamentaux théoriques . La police judiciaire, le renseignement, le maintien de l’ordre, la police administrative, le partenariat et la prévention, la communication, tant de domaines auparavant nébuleux que je me suis appropriés progressivement.

La présence d’une semaine de simulations en police judiciaire et en police administrative, ainsi que la présence d’une  simulation de réaction à l’usage des armes, m’ont semblé essentielles afin de mettre en perspective les connaissances théoriques. À l’issue de cette phase clef, je n’attendais qu’une chose : retourner en stage pour mettre en application les acquis théoriques.

Le second stage nous offre la qualité d’officier de police judiciaire  (OPJ). Il nous permet ainsi de rédiger des actes de procédure judiciaire. La part d’initiative et de responsabilité attendue de notre part est ainsi plus importante.

Après une semaine de stage à Montpellier fin juin, le moment était déjà venu de partir répéter pour le défilé du 14 juillet . Celui-­ci revêtait cette année une importance toute particulière. Il s’agissait de la 20e  participation de la Police nationale à cet événement et de la mise en avant des policiers du RAID suite à leur intervention lors des attentats de janvier 2015. On sous-­estime souvent le niveau d’exigence et de répétition pour un défilé de quelques minutes et un passage télévisé de quelques secondes. Pas moins de deux semaines nous ont cependant été nécessaires pour parvenir au meilleur niveau le jour J  ! Lors de la première semaine, les répétitions sont internes à la police tandis que la seconde semaine est réalisée en présence de tous les défilants. L’ambiance et le ton des répétitions montent alors d’un cran, car l’encadrement est réalisé par les militaires. Les répétitions sont ainsi filmées et débriefées après chaque passage par les hauts représentants de l’armée. La synchronisation des mouvements, le pas cadencé et le balancier du bras en présence de l’épée (nous défilons en présence de notre tenue d’honneur et d’une épée), requiert une bonne entente et une bonne dynamique au sein de notre promotion d’élèves. Le 14 juillet a ainsi été vécu par mes camarades et moi comme un instant de cohésion  où nous étions unis dans ce moment de fierté  qu’est la descente finale sur les Champs-­Élysées le jour J.

De retour en stage à Montpellier dès le 16 juillet, je n’ai pas eu le temps de m’ennuyer ! Mes passages en services de sécurité publique, renseignement territorial et sûreté départementale (investigation) ont rythmé le déroulé du stage.

En matière de sécurité publique , le stage fut marqué par la gestion du championnat d’Europe de basket ­Eurobasket 2015 durant la phase de poule. J’ai également pu enrichir mes compétences en service d’ordre et maintien de l’ordre lors d’une évacuation d’un squat, des matchs de football ou encore lors de manifestations revendicatives.

Au sein du service de renseignement territorial  (RT), j’ai été amené à coordonner l’escorte et la protection du Premier Ministre et du Président de la République lors de leur venue à Montpellier en voyage officiel fin septembre. Cette coordination s’est faite en lien avec les groupes de sécurité propres au Président et au Premier Ministre, ainsi qu’avec les services de la Préfecture. Cela fut très instructif et m’a permis d’affirmer davantage mon rôle de commissaire stagiaire. J’ai également pu rédiger des notes d’information et participer aux dispositifs d’escorte et de protection lors des voyages officiels.

Au sein du service de la sûreté départementale  (SD) dans laquelle se trouvent les différentes unités d’enquête, j’ai notamment pris part aux recherches nocturnes pédestres concernant un violeur en série sévissant dans le secteur du centre-­ville, et à une phase de surveillance d’un auteur d’exhibition et d’attouchements sexuels.

Au-delà de la découverte des services, j’ai pu rencontrer un grand nombre d’acteurs, partenaires réguliers du commissaire : les services de la préfecture (directeur de cabinet et délégué du préfet), la gendarmerie, les sapeurs-pompiers, la Police municipale, les partenaires sociaux, l’éducation nationale et le Parquet. Accepter le concept de coproduction de sécurité  par une bonne considération des partenaires me semble être un atout essentiel pour un commissaire. C’est en s’insérant au sein de ce tissu partenarial que le commissaire de police peut légitimer pleinement son rôle.

Ce stage fut également l’instant propice pour réaliser des entretiens afin de réaliser mon rapport final d’étude. Chaque commissaire stagiaire doit en effet rédiger un rapport final d’étude, rendu au mois d’octobre, qui sera présenté et soutenu devant un jury au mois de mars 2016.

Après un bref retour de deux semaines à l’école en octobre, il était déjà temps de partir à Nîmes pour un stage de deux semaines en MO VU  (maintien de l’ordre et violences urbaines). J’ai eu la chance de pouvoir passer deux fois en position de commissaire sur les simulations en violences urbaines, ce qui m’a permis de mettre en application mes connaissances en situations de stress, de jour comme de nuit. Les simulations étaient très réalistes : elles correspondaient à des commissariats normaux, en reproduisant la chaîne de hiérarchie commissaire officier gardien de la paix. J’ai notamment été amené à demander un survol et éclairage de nuit de mon secteur par un hélicoptère de la gendarmerie, en conversant directement avec le pilote pour mieux visualiser les positions des fauteurs de troubles.

De retour à l’école, les attentats récents du 13 novembre à Paris n’ont fait qu’accroitre la motivation de mes camarades et moi, consistant à servir un État et des valeurs républicaines auxquels nous sommes attachés et que nous souhaitons défendre. La sécurité publique, celle de nos concitoyens, sera au centre des missions de notre premier poste et prend encore davantage de sens dans le contexte actuel. J’ai pris conscience qu’il est important pour un commissaire de ne pas céder à une quelconque panique, mais de garder suffisamment de recul pour apporter son expertise et sa technicité en cas d’événements imprévus.

Simulations « commissaire face aux médias », détection des phénomènes de terrorisme et d’extrémisme violent, troisième stage, stage en entreprise, épreuves finales, classement et choix du premier poste… le rythme s’accélère progressivement !

La suite prochainement… À bientôt !

Recommander cette page Haut de page