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"Une aventure peu commune"

Par Audrey Jeandel, dimanche 15 septembre 2013.

"Dès mes premiers pas d'élève-commissaire dans l'ENSP, je réalise que je me suis engagée dans une aventure peu commune. En voyant les élèves-commissaires qui attendent patiemment l'entrée en amphithéâtre, je me dis, non sans fierté, que je fais désormais partie de ce groupe de personnes en costume.

Étant issue de la 8ème promotion de CPI et ayant à ce titre, déjà eu la chance de connaître les personnels, parcourir les couloirs et recueillir l'impression de mes aînés des 63ème et 64ème promotions, j'imaginais naïvement que l'ENSP n'avait plus de secrets pour moi. Pourtant je partageais l'impatience et les questionnements de chacun de nous, externes comme internes, juristes comme « science-po ».

Très vite, au cours de la journée, les groupes finissent par se mêler et nous sommes tous présentés. A ce titre, je fais la curiosité (bienveillante) de mes collègues qui s'interrogent sur cette fameuse « CPI », dont mon collègue et ami Rodolphe Journoud et moi-même sommes issus. Cette préparation est un tremplin indéniable pour les plus motivés d'entre nous parce qu'elle a plusieurs avantages. En premier lieu, elle fournit à des candidats issus de milieux modestes des atouts nécessaires pour réussir les épreuves (très sélectives) du concours de commissaire de police. Ensuite, elle inculque les valeurs de la police nationale, notamment le sens du service public, une tenue irréprochable et la cohésion de l'équipe. Enfin, la CPI n'est pas qu'une préparation, elle pose les prémices d'un métier qui n'a rien de commun ou presque avec un autre. L'année passée, certains de mes collègues CPI'stes n'ont pas été reçus malgré un travail acharné et une envie sans faille. Mais il ne faut pas baisser les bras car le passé nous a montré que si l'on tient vraiment à exercer ce métier, la persévérance rémunère nos efforts, j'en veux pour preuve la brillante réussite de Céline Cance (63ème promotion). Moi-même j'ai essuyé un échec au concours de commissaire en 2012 et j'ai décidé de mettre toutes les chances de mon côté en préparant le concours au sein de la CPI.

Aujourd'hui, j'intègre l'ENSP en tant qu'élève-commissaire, entourée d'autres élèves issus des concours externe et interne mais tous animés par cette motivation, cette persévérance qui ont été la combinaison gagnante pour bien des promotions et le seront encore pour les prochaines. Quant aux internes, je me surprends à être émue lorsqu'ils me désignent comme une « collègue », une considération à laquelle je ne m'étais pas préparée : l'esprit de corps. Ils se veulent toujours rassurants et indulgents face à mon impatience à voir le terrain. En effet, nos pairs endossent presque le rôle de « pères » lorsqu'ils tentent d'apaiser mes craintes quant à la confrontation de ma jeunesse à un terrain qui ne tolère aucun faux-pas. Par ailleurs, la lourde mission d'exemplarité fait partie des nombreux devoirs qui sont ceux d'un commissaire de police et, dès les premières semaines de travail, nous en prenons conscience. Monsieur le Directeur général de la police nationale, Claude Baland, Madame la Directrice, Hélène Martini, et l'ensemble de l'équipe pédagogique se veulent à la fois très francs quant aux exigences de ce métier mais aussi rassurants, A l'instar de Monsieur Baland, qui nous a rappelé, non sans bienveillance, lors de sa venue, qu'« il n'est pas bon de stresser ».

Après une semaine de rentrée, mon sentiment est celui d'être sur la bonne voie , j'observe et écoute avec attention pour éviter les écueils de la précipitation. Devenir un bon chef de service est mon but ultime. Bien que je mesure l'importance des qualités d'un « bon » commissaire : être exemplaire, savoir prendre des décisions et les assumer, être juste et honnête, j'ai bien conscience que si ma formation va m'apporter un maximum de réponses sur deux années, l'école de commissaire va durer tout le temps de ma carrière .

Les premières semaines se sont avérées intensives et déjà je cerne les enjeux du terrain en séances de tir, formation CIC, « police-secours » et usage de la radio, mises en situation pour les techniques de défense et d'intervention. Les journées sont remplies et les programmes se veulent au plus près du terrain pour les élèves issus du concours externe qui, pour la plupart, n'ont pu que survoler les missions de la police nationale durant les stages universitaires. D'ailleurs, le planning nous oblige souvent à enfiler trois tenues en une journée, la tenue de sport pour le jogging matinal, la tenue dite « de service général » qui est la tenue du policier pour les cours spécifiques ou les séances de tir, et le tailleur pour le reste du temps et les conférences. Une façon de montrer que le commissaire de police a, dans sa fonction, plusieurs rôles déterminants, l'obligeant à revêtir plusieurs casquettes . Notamment celle de chef de service ayant à sa charge des missions administratives, celle du chef d'un dispositif de maintien de l'ordre pour un match de foot aux abords d'un stade ou encore celle de l'interlocuteur privilégié des autorités (maire, préfet et parquet).

Ainsi, si la CPI incarnait les prémices d'un changement, les deux ans de formation ne sont qu'un commencement d'une longue et je l'espère, savoureuse carrière ! "

Audrey Jeandel, 25 ans, ancienne élève de la CPI commissaire, élève de la 65ème promotion des commissaires.

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