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Vidéo : les secrets de la collection criminalistique # 3

Collection Criminalistique ENSP

Prison ou travaux forcés : comment les criminels vivaient l’enfermement au début du 19e siècle ?
Fermé au public la plupart du temps, le « musée » de l’ENSP regorge de pépites historiques, d’objets marqueurs du temps et de l’évolution de la société française.

Dans ce troisième épisode des « secrets de la collection criminalistique » vous allez découvrir une partie de la vie des bagnards et des prisonniers il y a plus de 200 ans ! Quand ils ne tentaient pas l’évasion, ils écrivaient, dessinaient, parfois même confectionnaient de magnifiques maquettes avec des matériaux de récupération. Chaines, boulets, entraves, lettres, maquettes… tous ces objets sont conservés à l’ENSP.

Regardez plutôt !

© ENSP

1810  : les travaux forcés sont instaurés ! Cette peine, dans l’échelle des condamnations, est la plus lourde peine infligée par les tribunaux après la peine de mort et peut être prononcée à titre de peine perpétuelle ou à temps. Hommes ou femmes, les criminels misent désormais sur leur sort : le bagne ou la prison ?

Subie d’abord dans les bagnes métropolitains, la peine des travaux forcés s'accomplit dans un arsenal de la Marine (Brest, Cherbourg, Rochefort, Toulon, Marseille). Les forçats travaillent le même temps que les ouvriers des arsenaux, et souvent avec eux. Ils sont employés aux travaux les plus pénibles, trainant à leurs pieds un boulet, ou sont attachés deux à deux avec une chaîne. Les femmes, elles, sont employées à l'intérieur d'une maison de force et pratiquent souvent la couture. Seuls les plus de 60 ans échappent aux travaux forcés. En 1836, le bagne de Toulon compte 4 305 détenus, De nombreux bagnards célèbres y séjournèrent, comme Vidocq ou Marie Lafarge.

1852 :  dès les années 1840, les politiques souhaitent l'éloignement des criminels hors de France, 12 ans plus tard les criminels seront donc systématiquement envoyés dans les bagnes coloniaux de Guyane et Nouvelle Calédonie. Dès 1852, ils sont donc plusieurs milliers (parfois seulement des vagabonds ou des prostituées) à monter à bord de navires en direction de la Guyane. Ils sont appelés les « transportés ».  Peu clémente, la loi stipule par ailleurs qu’une fois leur peine achevée, les bagnards sont astreints à la « duplication de la peine » ou « doublage ». C’est-à-dire qu’ils ont l’obligation de résider dans la colonie un temps équivalent à celui de leur condamnation ! Les condamnés à huit ans et plus y séjourneront définitivement.

Enfin, ceux que l’administration pénitentiaire appelle les « déportés » ne sont pas soumis aux travaux forcés mais embarquent eux aussi pour la Guyane. Il s'agit des prisonniers d’opinion condamnés à l’exil. (les opposants à Louis-Napoléon Bonaparte, les « traîtres » coupables « d’intelligence avec l’ennemi », des nationalistes africains ou indochinois…).

1885  : Une nouvelle loi instaure le statut des « relégués ». Ce sont les récidivistes. Il suffit alors de totaliser quatre condamnations à plus de trois mois pour, une fois la peine de prison purgée en France, être exilé à vie en Guyane ou  Nouvelle-Calédonie.

Entre 1852 et 1938, on compte 52 000 transportés, 329 déportés politiques et 15 600 récidivistes, envoyés en Guyane. Parmi eux : 913 femmes. En Nouvelle-Calédonie, ils étaient 3 300 hommes et 457 femmes relégués, 4 250 déportés et 21630 transportés.
Les derniers forçats quittent la Guyane pour les maisons centrales en France en 1953. La peine des travaux forcés, elle, est abolie en 1960.

 

Pour aller plus loin :
Les femmes au bagne, reportage de France O :
https://www.youtube.com/watch?time_continue=1146&v=OOV91K8JKLQ&feature=emb_logo
La vie de forçat. Exposition bagne. Crimino Corpus :
https://criminocorpus.org/fr/expositions/bagnes/le-bagne-de-rochefort-1767-1852/la-vie-de-forcat/
« La vie au bagne », lettres retranscrites par Hélène Taillemite. Crimino Corpus :
https://journals.openedition.org/criminocorpus/183
« Une brève histoire de la peine des travaux forcés : des galères au bagne colonial de Guyane, XVe-XXe siècle » par Jean-Lucien Sanchez :
https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01960993/document

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