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Un premier stage intense et varié !

Publié le 23 février 2015
portrait de l'élève-commissaire Hugo Arer © ENSP

Une initiation, une nouveauté, un grand saut. Mon premier stage dans la circonscription de sécurité publique de Montpellier -en novembre et décembre- était une étape clef, une première découverte de la "maison police" à laquelle j’appartiens désormais.
Retour sur cette expérience humaine riche en enseignements pour mes futures fonctions.

Après deux premiers mois de scolarité à Saint-Cyr-au-Mont-d’Or, j’arrive à Montpellier avec quelques appréhensions. L’objectif affiché est clair : la découverte des activités de sécurité publique.
Âgé de 23 ans, issu du concours externe, je n’ai aucune expérience dans le monde policier et je ne connaissais personne dans la police avant d’y rentrer. Dès le premier jour, mes appréhensions se dissipent quand je découvre le monde avant tout très humain dans lequel je « débarque ». Les relations avec l’ensemble des policiers, les adjoints de sécurité, les gardiens de la paix, les officiers et commissaires de police, sont d’emblée très bonnes.

Le stage débute par une semaine d’« intense » immersion au sein de la Direction Départementale de la Sécurité Publique de l’Hérault (DDSP 34).
Entre mes séances de foire aux questions et de campements dans les locaux, j’ai la tête remplie d’acronymes et d’expressions que je ne maitrise pas encore, mais qui me seront bientôt familières.
Je découvre entre autres, le centre d’information et de commandement (CIC) où l’on reçoit les appels du 17, le pôle prévention avec la visite du centre loisir-jeunesse géré par la police, l’accueil et les bureaux des plaintes, l’assistante sociale, la brigade motorisée urbaine (BMU), et des exercices en extérieur avec la brigade canine.

Je revêts l’uniforme du policier (pour la première fois sur la voie publique ! ) lors de la seconde semaine de stage avec la police-secours.
Différends conjugaux, conflits de voisinage, tapages, personnes s’exhibant sur la voie publique… cela vous met rapidement dans le bain, mais je comprends alors le rôle éminemment social du métier de policier. Ce métier est loin d’être uniquement synonyme de répression, mais rime aussi avec dialogue, écoute et médiation.

Une semaine du stage se déroule ensuite au bureau de police nord de Montpellier, situé dans un quartier sensible. Un événement surprenant et rare se produit, alors que je me trouvais à l’accueil en rentrant de patrouille. Un homme se présente à l’accueil et me déclare avoir tué sa femme, ce qui, après vérification à son domicile, était avéré. Par cet événement, je prends d’autant plus conscience que le métier de policier nécessite la gestion d’événements imprévus, souvent violents, auxquels les hommes sur le terrain sont quotidiennement confrontés. Ma participation à une formation sur la gestion des tueurs de masse, essentielle au regard de la menace terroriste actuelle, vient encore confirmer cette prise de conscience.

La semaine passée avec la brigade anti-criminalité (BAC), en tenue civile, me permet notamment de réaliser des plans de surveillance de trafics de stupéfiants et de réaliser diverses interpellations mouvementées, comme celle de cambrioleurs en action dans un domicile, par exemple. Police-secours, BAC…la sécurité publique ne se résume pas qu’à cela mais comprend également le maintien de l’ordre.
Je reste quelques jours avec la compagnie départementale d’intervention (CDI) pour gérer des manifestations et la sécurité des lieux sensibles (lieux de culte par exemple). Je participe également à des dispositifs pour les matchs de football, ainsi qu’à la gestion du festival « I Love Techno » , annulé deux heures avant son ouverture et qui comptait 30000 participants.

Enfin mon dernier jour de stage est consacré à la gestion de la visite officielle du Premier ministre Manuel Valls.

En bref, ce stage m’a permis de mieux comprendre le fonctionnement interne des services en sécurité publique et de mieux m’imprégner des revendications des hommes et des femmes qui seront dans le futur sous ma responsabilité. C’est par sa lucidité quant aux réalités du terrain que le commissaire sera le mieux à même de manager son commissariat. Une nécessaire disponibilité et ouverture d’esprit s’impose pour exercer la fonction. Le respect que les policiers ont pour le commissaire dépend en grande partie du respect que lui-même montre vis-à-vis des personnes qu’il dirige.

C’est déjà l’heure du retour à l’ENSP. 5 mois et demi de formation, temps fort de la scolarité, qui nous permettront à coup sûr d’aborder le second stage sous un angle complètement différent.

Affaire à suivre …

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